retour au blog

lundi 25 février 2008

L'instinct grégaire chez nos amis les décérébrés ...


Nous avons au collège depuis quelques temps des aides aux devoirs trois soirs par semaine.
Cela consiste en 1h - de 17h à 18h - où des élèves volontaires (sur le papier) restent au collège et sont encadrés par quelques profs, jusqu'à 3, qui les aident à faire leurs devoirs. Et il se trouve que comme par hasard, ce soir j'étais tout seul avec 22 élèves sur les bras.
J'ouvre donc deux salles et leur demande de se répartir si possible équitablement entre les deux salles. À peine avais-je fini d'ouvrir les deux salles que le tas informe qui siégeait jusque là au milieu du hall s'est retrouvé scindé en deux groupes: d'un côté les 6e et les 5e, et de l'autre les 4e et les 3e.
Je suis persuadé que je leur aurait imposé le partage, il y en aurait eu quelques-uns pour râler...
Je me suis donc retrouvé à faire réciter de l'allemand à un 6e - n'en ayant jamais fait moi-même - de l'anglais avec des 5e -les verbes irréguliers, facile - et des maths avec certains 3e.

À part ça, c'est la semaine des exclusions puisqu'il n'y a pas un jour sans qu'il n'y ait au moins 3 exclus du collège et en cadeau bonus, un conseil de vie scolaire jeudi soir - suite aux événements festifs de la veille des vacances.

Bref, c'est la reprise, comme d'hab ...

dimanche 17 février 2008

Le meilleur pour la fin (2)


Bon alors, qu'est-ce qu'il s'est donc passé en ce dernier jour avant les vacances de si remarquable ?
Arrivant à 9h30 ce matin-là, et à peine après avoir posé un pied à terre, j'eus juste le temps de remarquer une voiture de pompiers garée devant le collège, deux élèves en partant en courant en direction du gymnase, suivis par la secrétaire. Renseignement pris auprès de la secrétaire: "G. est à l'infirmerie avec les pompiers, bourré, on cherche son sac."
Et effectivement il était pas frais le G.: teint plus blanc que blanc - sans l'aide d'enzymes gloutons - incapable de tenir debout (la collègue d'EPS avait dû le porter jusqu'à l'infirmerie), et la même vivacité dans le regard qu'un poisson sur son étal.

Après quelques minutes de recherches, le sac a fini par être retrouvé, 'caché' qu'il était aux pieds d'un autre élève en étude, et les deux bouteilles du méfait étaient là: un bouteille de whisky vidée, et une de coca avec encore un petit fond - ils ont été raisonnables, ils n'ont pas voulu vider les deux bouteilles d'un coup.
'Ils' car effectivement si un élève était cuit, ils étaient en fait 6 au total à avoir goûter au whisky-coca, 5 d'entre eux ayant juste goûté une gorgée, G. ayant fini - ça aurait été dommage de gâcher...

G. a été évacué avec les pompiers vers l'hôpital le plus proche alors que les 5 autres sont restés à l'infirmerie du collège, en attendant que leurs parents arrivent, aient un petit 'entretien' avec la chef, et s'en aillent avec eux.

Au fur et à mesure de la journée, les détails se faisaient plus précis, et le soir nous pouvions retracer le déroulement de la journée:
Dans la matinée, les élèves de 4e en question n'ayant pas eu cours, se sont retrouvés à l'extérieur du collège, et sont allé chercher les bouteilles à l'épicier du coin. Ils sont ensuite revenus derrière le gymnase du collège pour boire tranquillement. G., ayant alors visiblement mal supporté la bouteille de whisky, s'est retrouvé dans les WC du gymnase à essayer de battre le record du 100m dos-crawlé sur carrelage. Un élève ayant averti la collègue d'EPS de sa contre-performance, elle l'a alors amené à l'infirmerie, les pompiers ont été prévenus, la famille, le sac cherché puis trouvé ... etc.
Sauf qu'entre-temps, deux élèves s'étaient sauvé du collège - pourquoi, je ne sais pas - mais il a quand même fallu prévenir la gendarmerie (j'étais en cours à ce moment-là, je n'ai pas plus de détails).

Finalement, après avoir été pris en charge par les pompiers vers 10h, on a appris que G. est tombé en coma éthylique pour n'en ressortir que le soir vers 18-19h. 2,69g/L pour un gamin d'à peine 14 ans c'est tout de même pas mal...

Si les médecins ne se prononcaient alors pas pour d'éventuelles séquelles, il s'en est finalement sorti 'sans dégâts'.


Bref, c'était encore une bonne journée.

vendredi 8 février 2008

Le meilleur pour la fin !


Dernière journée avant les vacances, mais quelle journée !
En vrac et dans le désordre - pas le temps de tout raconter, cause soirée au collège :
- un élève avec les pompiers
- des élèves en fugue
- des élèves en pleurs
- des parents en colère
- des parents qui s'en foutent
- des élèves virés
- une ambiance un peu plombée dans certaines classes.

La suite dans pas longtemps...

lundi 4 février 2008

Brevet blanc et blanc brevet


(tous en choeur) Encore ?
Et oui, encore un brevet blanc, encore qu'en décembre ils n'avaient eu qu'une épreuve de maths et une de français, et que cela ne concernait pas toutes les classes - et donc qu'on ne pouvait pas vraiment parler de brevet blanc - mais pour eux, du moment qu'on les bloque plus d'une heure dans une salle avec des feuilles devant eux, c'est une épreuve 'comme au brevet'. Enfin ...
- ... et donc vous serez dans les conditions du 'vrai' brevet.
- non c'est pas comme au vrai brevet !
- et pourquoi ?
- on n'a pas le droit de sortir avant la fin de l'épreuve.
- ...

Bref, jeudi avait lieu les épreuves de français et histoire-géo, et vendredi les maths.
Qui dit épreuve de français dit dictée, et à l'entendre, je me disais que j'allais pouvoir moi-même dicter plus vite les définitions et autres théorèmes. Sauf qu'à la pause, juste derrière la dictée, la première chose que les élèves m'ont dit, c'est "dites donc, elle dictait vite la prof, on avait à peine le temps d'écrire !".
Raté.

Le texte était tiré du Grand Michu, de Zola, et l'une des premières phrases était:
"Il avait près de dix-huit ans, bien qu'il ne se trouvât encore qu'en quatrième."
En prenant le meilleur du pire de deux ou trois copies, on arrive à quelque chose qui ressemble à peu près à ça:
"Il avait près de 18 an, bien qu'il ne se trouva encor quand 4e".
Bon évidemment, les nombres écrits en chiffres au milieu d'une dictée, ça fait un peu tâche, mais ils sont tout de même plusieurs à l'avoir fait. Le subjonctif imparfait n'était pas forcément non plus un cadeau, même si quelques-uns ont réussi à l'orthographier correctement. La palme revenant quand même à Stéphanie, élève de 3B, qui a bien écrit "trouvât" mais a fait une faute tout de suite après, en écrivant "encor"...


L'Histoire-géo a aussi eu ses bons moments, avec par exemple dans la partie 'repérage' - une carte à compléter, des dates à donner... - où il était demandé de retrouver le nom d'un pays, en l'occurence celui qui est juste au nord-est de l'Allemagne (réponse: la Pologne). Un des élèves a mis la Slovaquie.
Bon après tout, pourquoi pas ? La Pologne et la Slovaquie ont une frontière commune - mais l'Allemagne et la Slovaquie n'en ont pas, c'est déjà, sur le papier en tout cas, plus gênant. Mais là où c'est dommage, c'est qu'à la page d'avant, dans les documents d'un des sujets d'histoire sur l'Allemagne nazie se trouvait une carte de l'Allemagne et des pays frontaliers, avec, entre autres, une flèche représentant, d'après la légende, l'invasion de la Pologne en 1936 - le nom 'Pologne' étant par ailleurs bien visible sur la carte.
Comme tout sujet d'histoire qui se respecte, les élèves avaient pour une grande partie tous terminé trois quart d'heures avant la fin.

Pour ce qui est maths, a priori ça a l'air mieux que la dernière fois - difficile de faire pire, en même temps - ce qui n'empêche pas de faire quelques boulettes de fort beau gabari, avec notamment une sombre histoire de places de cinéma avec ou sans carte d'abonnement.
Pour situer, il s'agissait de comparer le prix de places de cinéma à 6€ l'unité ou alors à tarif réduit, à 4€, si on achète la carte d'abonnement qui coûte 18€; ces deux derniers prix étant à retrouver d'après le graphique représentant le prix en fonction du nombre de places achetées.

Cela ne les a pas dérangé le moins du monde de trouver 0€ pour la carte d'abonnement (pas cher) ou à l'opposé 22€ le prix pour une place (un peu (trop) cher).
Dans la série du 'je vois bien le mur en face, et je fonce dedans tête la première et j'en suis content', citons également cet élève, dont je tairai le nom par soucis d'anonymat - et accessoirement aussi parce que je ne me souviens plus de qui c'était - qui, alors que l'énoncé lui demande de trouver "31", trouve "3" et annonce fièrement "31 n'est donc pas la bonne réponse."
Ça, on a beau leur expliquer qu'ils se piègent déjà assez tout seul sans en plus leur en rajouter dans les énoncés, mais non, ils ont quand même raison, et ils le montrent.


À part ça, rien à voir, mais j'ai eu droit cette après-midi, de la part de Gaëlle, élève de 3C, à une rose, qu'elle m'a offert alors que j'allais les chercher dans la cour pour les faire rentrer dans la salle. Pourquoi? je n'en sais rien - d'autant que ce n'est pas moi qui ait corrigé sa copie de brevet blanc - mais elle en avait une autre avec elle, et je ne sais pas à qui elle prévoyait de la donner. Il faudra que je fasse ma petite enquête ...