lundi 23 juin 2008
En ce moment se termine le grand jeu que l'Éducation Nationale renouvelle chaque année. Son nom ?
Mouvement national à gestion déconcentrée des enseignants du second degré et des personnels d'éducation et d'orientation, plus connu également sous le nom de mutations. Et là où certains jeux annoncent "Une chance au tirage, une chance au grattage", ce serait plutôt, pour celui-ci, "une chance de se tirer, une chance de se gratter".
En effet, ce jeu se déroule en deux manches - et même pour les plus chanceux en trois.
Si vous pensiez qu'un prof, pour muter, n'avait qu'à demander l'établissement monbahut dans la ville de truc-les-bains, il faut oublier. C'est, éducation nationale oblige, bien plus tordu que ça, et bien plus aléatoire aussi, forcément.
Suivons donc ce prof tout au long de ce jeu.
La première manche - l'inter - a ainsi lieu en général en début d'année civile - je précise pour tout le monde, puisque pour un prof, "début d'année" est souvent synonyme de "septembre/octobre" (on a pas le même calendrier que les autres).
Et au cours de cette première manche, ce prof désirant muter à truc-les-bains doit demander tout d'abord à être muté dans l'académie à laquelle appartient truc-les-bains. Puis, il attend.
Quelques semaines plus tard tombe le résultat de la première manche, et notre prof sait alors s'il est accepté dans cette académie, et peut donc "se tirer". Si ce n'est pas le cas, le jeu s'arrête là pour lui.
Car vient ensuite la deuxième manche - l'intra - au cours de laquelle il peut demander directement l'établissement monbahut de la ville de truc-les-bains, ou bien un établissement de la ville truc-les-bains, ou bien n'importe quel établissement du département ... sachant que les voeux sont traités dans l'ordre où ils sont formulés.
Se présentent alors plusieurs cas:
- le prof obtient son poste à monbahut, il a gagné !
- le prof n'obtient pas son premier voeu, on regarde son deuxième, ...
- aucun des voeux formulés n'est accepté, il a perdu, il peut "se gratter" !
Mais au fait, sur quels critères est-il accepté ou non ? Facile, sur son nombre de points, acquis (à lui) grâce à son ancienneté, son échelon, sa situation personnelle, familiale ... (inutile de préciser qu'être marié avec 5 enfants dont 4 handicapés, ça aide, mais ce n'est peut-être pas une bonne stratégie)
Ainsi, sur un même voeu, formulés par plusieurs profs, celui qui a le plus de point passe le premier (le principe est d'ailleurs le même pour le choix de l'académie, dans la première manche).
Si donc notre prof n'a eu aucun de ces voeux, il sera affecté sur un établissement qui n'aura reçu personne car non demandé, ou pire, participera à la troisième manche. Les résultats de la deuxième manche sont en général donnés courant juin (en ce moment, donc), et la troisième se déroule début juillet.
Cette troisième est dernière manche concerne ainsi seulement ceux qui se retrouvent sans poste fixe, aussi appelés TZR. À tous ces perdants de la deuxième manche est donné un premier lot de consolation: un établissement de rattachement administratif; le deuxième lot venant fin août: l'établissement où le TZR devra effectuer son service.
En pratique, qu'est-ce que cela donne ?
Tout d'abord, cela explique que la plupart des profs débutants se retrouvent en banlieue parisienne. Les profs cherchant à en partir, il y a besoin d'en faire venir de nouveaux, et comme les profs plus 'anciens' ont plus de points, ils obtiennent plus facilement une mutation ailleurs. Les nouveaux, qui n'ont encore que le minimum de points, se retrouvent donc là où il n'y a pas besoin d'en avoir beaucoup.
Il peut aussi arriver qu'un prof, habitant dans un département mais aussi une académie limitrophe à celle où il enseigne, demande à muter pour se rapprocher de chez lui. Il peut alors obtenir l'académie demandée à l'inter, mais ne rien obtenir à l'intra, car tous les postes demandés dans ses voeux ont été supprimés pour cause de carte scolaire, et se retrouve donc TZR sur tout un département, à l'autre bout de l'académie (exemple totalement pris au hasard et qui n'est pas celui de ma collègue de SVT, du tout).
Enfin, il peut aussi arriver qu'une académie ait 'trop' de profs, et donc 'trop' de TZR, et qu'une autre n'en ait pas assez, et que des contractuels ou des vacataires soient engagés...
Pour ma part, je suis directement qualifié pour la troisième manche, avec toutes mes chances ... de perdre.
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mercredi 28 novembre 2007
Problème:
Un fermier dispose de 19 vaches. Peu avant de mourir, il décide de les partager entre ses trois fils de la manière suivante: la moitié de son troupeau à son premier fils, le quart à son deuxième fils et le cinquième à son dernier fils.
1) Le partage est-il possible ?
Le fermier voisin décide de rajouter au troupeau une de ses vaches.
2) Peut-on faire le partage maintenant ? Comment ?
Réponse d'un élève (je n'invente pas): on amène les vaches en trop à l'abbattoire - ortograf 100% origine - et on partage les vivantes entre les fils.
Ils s'en prennent même aux vaches maintenant! Pauvres bêtes ...
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Quand je vous dis que nos élèves sont des fainéants - mais pas le modèle de base, non, la version grand luxe, collector, avec un beau ruban autour et un petit noeud sur le dessus - en voici une nouvelle preuve. Mais il n'y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui travaillent...
(de toute façon, même en corrigeant le reste, ça n'aurait pas changé sa note finale qui est tout de même de 0,5/30 - oui, en plus ils sont excellents nos élèves!)À part ça, Tristan (le fameux T. de 4B l'an dernier) s'est pour la énième fois fait exclure du collège, mais cette fois pour 3 jours - et donc la prochaine exclusion, s'il y en avait une, devrait être définitive.
La raison ? Oh trois fois rien, il a juste enflammé un mouchoir en classe et l'a jeté par la fenêtre.
Il n'y a plus qu'à attendre le jour où il va se rendre compte qu'il peut aussi le jeter dans la salle ou sur quelqu'un, c'est tellement plus drôle ......
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jeudi 22 novembre 2007
Les plus culturés (si, si! culturés!) d'entre vous auront reconnu en ce titre celui d'un excellent livre de Desproges que je ne saurais trop vous conseiller de lire, d'abord parce qu'il est excellent mais je l'ai déjà dit, et ensuite parce que cela me permet de faire croire à une certaine culture littéraire (si, si, aussi!)
Mais cette phrase pourrait aussi bien résumer les conditions qui nous guettent, nous autres, professeurs du collège.
En effet, ce cher Dylan s'est encore admirablement fait remarqué aujourd'hui en différents cours, et s'il ne fallait retenir que deux phrases, ce serait sûrement:
"Demain, je pars par la sortie de secours"
et
"Avec ma famille, on va revenir et brûler le collège"
S'il pouvait faire ça de nuit, ça arrangerait quand même pas mal de monde, à commencer par les profs et les élèves qui pourraient par mégarde se trouver au collège pendant la journée - il est en effet étrangement fréquent de trouver des profs et des élèves au cours de la journée dans un tel établissement.
Voilà donc où nous en sommes aujourd'hui, après le couteau, les différents jets de projectiles, les insultes diverses et variées envers un public qui l'est tout autant, allant des profs aux élèves, nous en sommes donc à la menace de fugue en plein cours, et celle, légérement plus dérangeante, de vandaliser le collège...
Mais bon, je ne m'en fais pas, je dois l'avoir demain en dernière heure, et d'ici là il aura sûrement réussi à se faire virer. Tous les espoirs sont permis.
"Je serais pas été plus avancé si j'aurais lu tous les livres."
(Sergent-chef Pierre-Jean Lenoir, 18e RIT Épinal)
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lundi 19 novembre 2007
J'ai enfin vu mon premier parent venu à une réunion parent-prof tout exprès pour casser du prof. Mais j'ai bien dit 'vu' et pas 'eu' puisqu'il était là pour le collègue de Physiques.
Petit historique:
17h02: Je quitte la salle des profs pour rejoindre la salle 4, qui nous a été reservé, au collègue et à moi-même, pour recevoir les personnes qui, il y a 14 ans de cela, ont osé commettre nos élèves de 3e.
17h05: j'arrive dans la salle, je descends trois chaises, bouge quelques tables, et j'attends.
17h10: j'attends toujours. J'en profite donc pour écouter ce qui se dit dans le couloir
"ca commence à me gonfler", "c'est le moindre des respects" ...
17h15: une première génitrice arrive, m'explique que son fils a de mauvais résultats, je confirme, etc etc
17h20: le collègue de Physiques arrive et s'installe à côté du bureau - on va en effet recevoir les parents à deux, comme pour les 4e.
17h25: j'ai fini de mon côté, et les parents suivants entrent.
Bon, raté, ce sont des parents de 3B, seule classe de 3e que je n'ai pas. Je laisse donc mon collègue de Physiques les recevoir et retourne à mes calculs de notes médianes - faut bien s'occuper.
Et là, c'est le feu d'artifice!
Le père commence, sous des airs de fausse plaisanterie, à faire remarquer que quand même ça fait 25 minutes qu'il attend et que pour un prof, ça le fait pas. Vif comme l'éclair, je fais alors le lien: la douce et cristalline voix qui commençait gentiment à s'enerver toute seule dans le couloir, c'était lui.
Et la suite ne s'est pas faite attendre. Ce charmant père, soucieux à n'en pas douter de la réussite scolaire de sa progéniture, était venu pour entendre les explications du collègue sur une remarque qu'il aurait dite. L'élève en question avait été absente 3 jours et était revenue sans s'occuper de ce qui avait été fait ni de ce qui était à faire, entrainant du même coup la réponse suivante: "on est quand même au XXIe siècle, vous pouvez demander à vos parents de vous emmener chez un(e) camarade rattraper les devoirs".
Le père a alors fait remarquer, avec un calme qui n'aurait rien à envier à celui d'un hyperactif sans ses cachets, que ce serait plutôt au prof de se mettre au XXIe siècle, que les cours devraient être sur Internet, que c'est le cas en primaire et aussi en lycée, et que de toute façon lui il se lève à 2h du matin et il finit à 17h et qu'il n'a pas que ça à faire, et vous d'abord c'est quoi vos horaires ? (rappelez-vous, un prof est un fainéant!)
La discussion a vite été mise à terme par le collègue qui ne pouvait plus en placer une, tellement l'autre déblatérait. Celui-ci a quand même conclu par "Et si les résultats de ma fille pâtissent de notre discussion, ca va aller très mal!"
Ouh la, ça fait peur!
Le reste de la réunion s'est déroulée classiquement.
Inconvénient: c'était la réunion parents/profs des 3e, la 3e étant une classe importante, tant au niveau de l'orientation qu'il va falloir choisir, que des résultats qui seront sanctionnés par le brevet, on pouvait s'attendre à recevoir de nombreux parents.
Et ce fut le cas: sur mes deux classes de 3e, j'ai vu 9 parents, et ceux qui avaient les trois classes sont même arrivés à une quinzaine !...
19h15: Plus de parents, au revoir (à titre de comparaison, que ce soit en 5e, où je n'ai pourtant qu'une classe, ou en 4e, où j'ai les deux, je ne suis jamais parti avant 20h).
Révélateur ...
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vendredi 16 novembre 2007
"Elle était bien l'heure, aujourd'hui, faudrait qu'elles soient toutes comme ça!"
Voilà ce que plusieurs élèves m'ont dit juste avant de quitter la salle, cette après-midi. Et en plus la classe en question c'était les 4A ! "Mais que s'est-il donc passé ?" vous demandez-vous certainement, angoissés et impatients que vous êtes de découvrir la suite ?
Patience.
D'abord les faits. Tout commence, comme à chaque heure, par l'arrivée des élèves qui viennent se ranger dans le couloir, attendant que je leur dise d'entrer. Ils arrivent - comme toujours - au compte-goutte.
- Vous avez l'air de bonne humeur aujourd'hui, monsieur !
- Ca peut vite changer...
La crainte et la peur se lisent alors dans leurs yeux déjà presque larmoyants.
Bien sûr que non, en fait, ils rigolent. L'effet dramatique est raté.
Bon, entrez, et en silence évidemment.
Ils s'installent, on commence la correction des exercices, et je passe tout d'abord vérifier que ceux-ci ont été faits. Alors que je suis vers les élèves du fond - pas 'qui ont touché le fond', mais ceux placé au fond de la classe - j'entend que ca s'agite au premier rang, avec des rires mélés de dégoût. Je lève les yeux et je vois Corentin recroquevillé sur sa table et Thibaut qui me regarde: "Monsieur, vous allez rire! ..."
Et c'est alors que Corentin se retourne vers moi, les lèvres et les dents bleues "Il s'est explosé une cartouche d'encre dans la bouche!"
Il est donc parti se laver la bouche, mais l'évènement, qui était resté jusque-là confiné à Corentin et ses proches voisin(e)s s'est étendu à toute la classe et c'est donc sous les rires de tout le monde qu'il a traversé la classe pour partir aux toilettes.
Et là c'est fini.
Il est en effet des moments et des évènements dans une heure de cours où l'on sait que quoi que l'on fasse ensuite, on ne pourra pas terminer l'heure de la même façon qu'elle avait commencé. Il n'y a en général alors plus que deux possibilités: soit continuer quand même et partir à l'affrontement, soit en tirer profit et tenter de limiter les dégâts.
La sortie de Corentin puis son retour sont de ce type d'évenements. Son retour a en effet été accompagné de nouveaux rires de la part de la classe après quoi la correction a continué.
La question est donc:
Comment éviter que certains se relancent sur l'incident et recommencent à en parler et à en rire ?
(vous avez deux minutes, après je ramasse les copies)
La bonne réponse était: relancer soi-même le sujet !
En plus, pourquoi se priver quand on peut vanner un élève à ses dépends et devant le reste de la classe ? Non mais franchement, allons-y donc gaiement!
Je lui ai donc fait remarqué peu de temps après son retour qu'il faudra qu'il aille se nettoyer tout le bleu qu'il avait sur le front, cherchant du regard une confirmation de la part d'un de ses voisins - puisqu'il n'avait évidemment pas de marque bleue sur le front.
Puis, quand le-dit Corentin commence à parler à ses voisins et qu'on a le dos tourné à la classe parce qu'on écrit au tableau, dire "Corentin, reprend donc une cartouche et tais-toi!"
Ou encore, alors qu'on commence à écrire sur le cahier de texte de la classe: "Ah tiens, y'a mon stylo qui bave, ça t'intéresse ?"
Bref, ces petites choses simples, sadiques certes, mais simples, qui permettent de garder les remarques qui n'auraient pas manqué de fuser sous son contrôle.
Ce pauvre Corentin n'a eu comme réaction qu'un simple mais fragile "je me vengerai, un jour je me vengerai...".
Dommage, à peu de choses près, il aurait légérement changé son texte, et il aurait pu faire de la pub pour des assurances.
Mais je vous vois tous fébriles et inquiets...
Où sont passés Dylan et Donovan ?
Et bien Dylan a pour sa part continué en beauté la semaine qu'il avait commencé de la même façon. Exclu du collège lundi, exclu encore jeudi après-midi, et il a fini sa dernière heure de cours - les maths avec moi - à la porte. Ce gentil petit ne trouve rien de mieux à faire que se balancer sur sa chaise, répondre par "j'ai pas envie" à tout ce qu'on peut lui dire, et lancer toutes sortes de projectiles sur les autres: des boules papier aux boules de gommes, en passant par les agraffes.
S'il continue son aussi bon travail, il aura peut-être droit à son CDD (Conseil De Discipline), qui sait...
Donovan quant à lui, est toujours plutôt calme - par rapport à ce qu'on a connu l'an dernier. Je suis en train de tenter quelque chose avec lui. Si je fais comme s'il était comme les autres élèves - ce qui est faux puisqu'il est en 3e, en ayant fait quelques semaines de 5e, et en 4e, je sais ce qu'il a fait, c'est moi qui l'avait - il va décrocher plus ou moins rapidement et que fait-on dans un cours quand on a décroché ? ...
Bref, pour essayer de le garder un minimum intéressé et de faire en sorte qu'il puisse suivre un minimum, je lui ai préparé un feuille spéciale pour lui, sur le chapitre que je commence avec les autres, et qui reprend tout depuis la base, avec les définitions, les méthodes, et des exercices, le tout simplifié, pas à l'extrême, mais presque. Je ferai donc le cours 'normal' avec les autres, pendant que Donovan travaillera de son côté à son rythme sur la fiche que je lui ai donné. Et bien étonnament, aujourd'hui, il avait cette feuille que je lui avais donné hier en fin de cours, et il a fait ce que je lui ai montré, il semblait même avoir compris !
On verra bien ce que ca donnera sur le long terme, s'il jouera le jeu ou pas, mais en tout cas on ne pourra pas dire que je n'aurai rien essayé.
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mercredi 14 novembre 2007
Ci-
git joint - pardon - le blog de ma collègue d'anglais, tout fraichement arrivé sur la toile:
To be or not to be (<-- cliquez là)
(et surtout si vous voyez qu'elle copie, dites-le moi...)
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mardi 13 novembre 2007
Ce soir, comme prévu, réunion parents-profs de 4e. Mais ce que les parents n'avaient pas prévu, c'est que nous leur avions tendu un piège, fourbes et vils que nous sommes.
En effet, le collègue de physique et moi les avons reçu à deux, en même temps, maths et physique. Et là ça a été la valse des fleurs, pas celle de Tchaïkovski, et tant qu'à faire, pas des jolies fleurs.
Certains élèves, que les parents avaient eu la bonne idée d'amener avec eux - enfin du coup les gamins ont du la trouver moins bonne - sont arrivés en souriant et parti pas la tête basse mais pas loin. L'un d'eux est même ressorti les yeux rouges... une allergie à la moquette sans doute... s'il y avait eu de la moquette.
À côté de ça, on retrouve aussi nos éternels heureux, qui même quand ils se prennent une remarque ou une taule, continuent béâtement de sourire comme si de rien n'était, donc 'pensez-bien que se faire démonter en réunion parents-profs ca change pas grand chose.
Point positif: c'est toujours plus agréable que des têtes d'enterrement.
Point négatif: allô ya quelqu'un ?
C'était aussi l'occasion de sortir ces petites phrases sadiques dont nous aimons tant abuser (oui je sais c'est vil, bas, sadique, mesquin, vicieux, méchant, mais que voulez-vous, nous somme profs avant tout):
- Dire que les résultats sont catastrophiques, ce serait encore optimiste
- -Tu veux faire du théâtre ?
-Oui
-Et bien fais-en, mais pas en classe. - (une mère qui vient de se rendre compte que quand sa fille monte dans la chambre, c'est pas toujours pour travailler)
-Ah ben là je descend de haut
-Et bien il faudra y remonter, en haut, pour vérifier les devoirs... - - Il faut être plus ferme, les punir!
-À part une paire de baffe, je vois pas ce que je pourrais faire d'autre ... (oui là j'étais énervé)
Le plus beau étant quand même:
- ce qui serait bien c'est que vous lui fassiez réciter ses leçons (oui, on en est là avec nos 4e, mais aussi les 3e)
- J'ai pas que ça à faire, je travaille...
Pardon je croyais bêtement qu'on parlait de votre gamin là ...
Enfin bref, encore une réunion parents-profs où l'on n'a vu que les parents dont les gamins vont en général bien, et où on a entendu beaucoup de paroles et de promesses qui ne seront de toute façon pas tenues.
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lundi 12 novembre 2007
Ah non pardon, on n'en est qu'au début ... et pourtant ...
Comme prévu j'ai fait un petit contrôle aux 3e dans l'espoir - déçu, je préviens d'avance - d'avoir une moyenne (enfin) décente. Bon, à moitié déçu, j'ai quand même 11/20 pour les 3A - et 8,6/20 pour les 3C. À la décharge des 3C, on ne peut pas se prendre la tête, régler ses comptes, et y aller de son petit commentaire aussi inutile qu'inintéressant, et écouter ce que dit le prof en même temps.
J'avais pourtant mis toutes les chances de mon côté: un seul sujet, 15 minutes pour une question de cours et deux exercices identiques aux exemples du cours. J'ai passé le quart d'heure à préparer l'ordinateur et le vidéoprojecteur, écrire dans le cahier de texte, remarquer que tiens si je me mets contre le tableau j'ai un courant d'air dans le cou, ah et puis ils sont jolis tous ces posters au mur, qu'est-ce qu'il y a écrit dessus ...
Et bien même avec ça, je dépasse à peine la moyenne.
Bon il faut dire aussi que j'ai pas pu m'empecher de coller un piège dedans.
Je sais, je suis faible, je n'ai pas pu résister.
Une des figures était une réduction de l'autre mais sur le schéma elle apparaissait en plus grand.
D'un autre côté, c'était écrit dans les sujet que la figure ne respectait pas les longueurs et je leur ai bien fait remarqué à l'oral pendant le contrôle.
Mais quand même ...
Tant qu'on est dans les 3e, les 3A, à peine entrés en classe:
"alors Monsieur, Donovan revient, vous êtes content ?"
Effectivement il débarque demain en 3A. À cet instant, ne pouvant contenir ma joie à cette idée, et inondant alors de félicité toute la classe, ceux-ci se sont ravisé:"vous pourriez au moins faire semblant de sourire, comme nous".
Tout espoir n'est pas perdu, les autres ont l'air aussi contents de le voir que nous.
Parce qu'il faut savoir - et arrêtons-nous quelques instants à ce propos - que le Donovan en question n'est pas du département, ni même de l'académie, qu'il y a bien d'autres collèges entre chez lui et le nôtre, qu'il pourrait aller en Découvert Professionnelle 6h dans un autre collège où il y a de la place, mais que sa mère ne veut pas. Résultat, on se le récupère, puisque de toute façon - dixit l'IA - ca s'est bien passé l'an dernier puisqu'il n'y a pas eu de conseil de discipline.
Qu'à cela ne tienne ...
Mais il aura de toute façon fort à faire, puisque ca y est, je l'avais annoncé il n'y a pas longtemps, mais Dylan s'est réveillé ! En effet, ce matin, pendant l'exposé de français d'un de ses camarades, et alors qu'il tapait gentiment sur la chaise de son voisin de devant, la collègue a eu l'outrecuidance de lui demander d'arrêter. Notre adorable Dylan s'est alors fendu d'un somptueux "j'en ai rien à foutre, ta g****e !"
*oups* mauvaise réponse, allez directement à la case exclusion!
À 8h15 Dylan commençait les cours - enfin il occupait une chaise dans une salle de classe - et à 9h30 il était dehors.
Pas mal, mais peut mieux faire.
Ce garçon étant plein de ressources, qui sait ce qu'il nous réserve encore à l'avenir. Vendredi, il a collé une feuille et des bouts de gommes sur une table en histoire, m'a gratifié d'un "pff, non, j'ai pas envie" quand je lui ai demandé de copier ce qui était au tableau, et s'est ensuite soigneusement et méticuleusement mis à jeter des bouts de gommes sur ses camarades.
Je l'ai demain en première heure, pendant 1h30, je m'attend à tout, et surtout au pire ...
Finissons par les réunions parents-profs de 5e. 3h30 de présence (17h-20h30) et 9 parents au total. À raison de 10-15 minutes par parents, autant vous dire que j'ai eu le temps de corriger les contrôles des 3e et même prendre de l'avance sur les DM des 4e. Ça aura au moins servi à ça, puisqu'évidemment les parents qui sont venus ne sont pas ceux que nous aurions aimé voir.
Demain donc, première journée de Donovan, Dylan pendant 1h30 et réunion parents-profs de 4e, ça va donner !
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dimanche 11 novembre 2007
Voilà, demain, en application des nouvelles règles du 'pas de moyenne sous la moyenne' - et aussi parce que je veux la gagner la bouteille de champagne - je donnerai demain un petit contrôle d'application bête du cours, un seul sujet pour tout le monde, et je les regarderai même pas, aux 3e.
Bon, je ne vous cache pas que je ne me fais pas d'illusions non plus, si je dépasse la moyenne ce sera déjà bien beau, alors dépasser 14/20 ...
Enfin, on verra bien.
Demain soir a lieu également la réunion parents-profs des 5e. Ceux-ci n'étant pas les pires, ca devrait plutôt bien aller, et constituer un échauffement pour celle des 4e qui se tiendra après-demain soir.
Et je parle même pas de celle des 3e lundi prochain. Bref, de 'bons' moments en perspective.
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