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jeudi 26 juin 2008

"On va faire quoi après ?"


Voilà la question sur toutes les lèvres (des élèves) en ce moment. Car si pour les 3e, l'heure du brevet a sonné ce matin, marquant pour eux la fin de l'année, les autres aussi se croient déjà en vacances - même si pour certains les vacances n'ont jamais vraiment cessé ...

Les 4e m'avaient déjà prévenu la semaine dernière:
"Bon, on veut bien travailler cette semaine, mais après c'est fini, on fait des jeux" sur le ton du "on est sympa, on vous fait une faveur, mais faut pas pousser non plus, non mais oh!".

Mais ce n'est pas ça le pire. Non, le pire, c'est qu'ils vont venir jusqu'au dernier jour, pour différentes raisons d'ailleurs:
- parce qu'ils sont avec les copains
- parce que les parents ne les veulent pas dans leurs pattes, et repoussent jusqu'à la dernière limite le moment où ils vont devoir les récupérer.
- d'autres encore font plus original: "pour se venger des profs".

Pour les 3e, j'ai encore officiellement 3h à faire avec eux. Je peux bien en 1h faire une correction rapide du brevet, mais il restera toujours 2h à combler. D'un autre côté, certains 3e m'ont déjà demandé si je connaissais le Jungle Speed. Il se pourrait en fin de compte que les deux dernières heures mercredi soient des heures Jungle Speed.

Pour les 4e, j'ai encore aussi 3h avec chaque classe, dont 2h mardi. Il faudra donc ruser pour les faire travailler sans qu'ils ne s'en aperçoivent, c'est pas gagné.

Le tableau est relativement le même avec les 5e, mais eux joueront certainement le jeu.

Bref, pour l'instant, le programme est fait pour demain, mais je vais faire quoi après ? ...

vendredi 20 juin 2008

Bilan (provisoire)


Trois semaines maintenant que je suis dans un autre collège, il est donc temps d'en tirer un bilan sur les élèves.
Premier constat: le niveau de 4e est définitivement pénible. Il doit se passer quelque chose pendant les vacances entre la 5e et la 4e, c'est pas possible autrement.
Ensuite, toujours pour achever les 4e, il semblerait qu'il y ait une malédiction sur la 4A en particulier. Car si j'ai laissé d'un côté une classe de 4A avec notamment un certain Nicolas particulièrement usant nerveusement, ça n'aura été que pour retrouver une classe de 4A avec notamment un certain autre Nicolas particulièrement usant nerveusement. Et un bonheur n'arrivant jamais seul, il est en plus livré en pack avec trois autres qui n'ont quasiment rien à lui envier, j'ai nommé Yoann, Grégory et Bastien. Consolation malgré tout, Yoann est parti en stage, on ne le reverra pas d'ici la fin de l'année, et Grégory était absent hier, je n'avais donc que deux bourrins sur quatre - comme au PMU - à canaliser.
Et évidemment, niveau courage au travail, on est plus proche du zéro que du héros.

Les 5e quant à eux sont toujours sympas. J'en veux pour preuve un des derniers cours où, pour expliquer une notion, j'ai utilisé l'image de personnes qui descendent d'un bus. Ainsi, pour illustrer mes propos, j'exécute au tableau de magnifiques dessins au moins aussi bien que ceux qu'ils pourraient faire, sinon pire. Et j'avais en plus rajouté un handicap supplémentaire: une allusion au foot.
En même temps ça tombait bien, la première partie de mon explication, où je fais descendre les personnes du bus, tombait le jour du match France-Italie et la deuxième partie, où ils remontent, le lendemain. Mardi, mes petits gugusses, aussi bien dessinés qu'en maternelle, sortaient du bus pour aller voir le match, le lendemain, ils remontaient pour rentrer chez eux. J'ai alors pensé à ce que cela aurait pu donner avec les 5e que j'ai eu cette année, ou même ceux de l'an dernier; car si cette année, les élèves ont joué le jeu, ont écouté - et apparemment compris ! - avec d'autres, ça n'aurait pas manqué de donner quelque chose comme ça:
(moi en train de dessiner le bus et les gens dedans)
- Monsieur il est bizarre votre bus !
- ouais, il lui manque des roues ! (variante: il a beaucoup de roues !)
(...)
- (moi) et donc ils vont voir le match, ils descendent du bus et vous voulez leur donner leurs places ...
- M'sieur, c'est quel match ?
- c'est le PSG les meilleurs de toute façon!
- n'importe quoi, c'est l'OM !
- Monsieur, vous êtes pour quelle équipe ? ...

Bref, pour l'instant tout se passe bien, un des seuls incidents que j'ai eu à déplorer venant de Romain, qui s'est mis subitement en cours à saigner du nez (plus précisément de la narine droite, c'est important pour la suite), et est donc parti se faire soigner. 5 minutes plus tard, il revient, avec un gros morceau de coton dans la narine - ce qui n'a pas manqué de faire rire les autres - et a finalement à peine le temps de faire 5m dans la salle qu'il se remettait à saigner, mais de la narine gauche cette fois. Retour à l'envoyeur, sous les rires de toutes la classe...

Finissons-en avec les 3e - dans tous les sens du terme d'ailleurs - qui sont dans l'ensemble malgré tout volontaires, et se mettent au travail relativement facilement. "Dans l'ensemble", puisqu'évidemment ce n'est pas le cas de tous dans la classe, et notamment de deux garçons, Sébastien et Cédric, qui passent leur temps à ne rien faire. Après leur avoir demandé d'avoir un cahier ouvert et un stylo à la main, pour au moins faire semblant de travailler, j'ai tenté le quitte ou double et ait envoyé Cédric au tableau écrire la correction que lui dictait un autre élève. Ce champion a donc commencé par casser en trois morceaux une craie en appuyant dessus comme un âne, et a ensuite écrit en majuscules, en très gros, en très petit, ... bref, n'importe comment, histoire d'amuser la galerie. Et ça, faut pas (et faux pas) ! Parce que je ne peux pas m'empêcher par la suite de rentrer dans le jeu, et d'amuser la galerie moi aussi, mais avec, et surtout aux dépends de celui qui est au tableau. Et ça, l'ami Cédric n'a pas beaucoup apprécié, car de rigolard qu'il était au moment de venir au tableau, à faire le mariole, il en est parti moins joyeux et le sourire en moins.


Allez, plus que deux semaines ...

lundi 16 juin 2008

200km par jour, ça use, ça use ...


Voilà donc deux semaines maintenant, et pour encore deux semaines et demi, que je suis en remplacement dans un autre collège.
Pour la petite histoire, le rectorat m'a depuis deux mois amputé mon salaire de plus de 1000€, et me 'demande' d'aller faire un remplacement à 200km aller-retour de mon établissement de rattachement, hors de ma zone de remplacement, comme si l'essence coulait à flot... Et oui, car je ne suis que TZR, un remplaçant, que l'on pourrait aussi appeler 'pion' dans le fabuleux langage du monde de l'Éducation Nationale.
J'ai donc une zone attribuée dans laquelle je peux être amené à remplacer des collègues qui seront absents plus de 15 jours (maladie longue durée, congé maternité ...). Et il y a deux semaines, on m'a donc demandé d'effectuer un remplacement hors de ma zone.
Bien sûr, je pouvais refuser, mais on m'a à demi-mot gentiment laissé entendre que c'était finalement plutôt déconseillé - à plus forte raison quand on est en début de carrière ...

Il ne reste plus qu'à appeler l'établissement pour prendre connaissance des classes, de l'emploi du temps, et récupérer le numéro de la collègue que je remplace, pour savoir où elle en est et ce qu'il reste à faire dans les programmes.
Me voilà donc en poste, et chargé de cinq classes: deux cinquièmes, deux quatrièmes, et une troisième. Et là, je dois bien avouer que si je n'ai pas toujours fini complétement les programmes les années passés, j'ai trouvé bien meilleur que moi: encore environ cinq chapitres à faire dans chaque niveau.

Et pour tout ça, je n'ai, non pas cinq semaines comme le laisse à penser le calendrier, mais grosso modo trois semaines et demi. En effet, cette semaine est une semaine de révision pour les troisième, ils n'ont donc que des cours de français, histoire-géo et maths. Les emplois du temps sont donc modifiés et je perds ainsi toute mes heures cette semaine avec une des classes de cinquième. Pour les troisième, inutile de dire qu'à partir de cette semaine, ils seront en révision, jusqu'au brevet, et qu'après on les reverra ... ou pas. Dans tous les cas, inutile de compter sur la dernière semaine, du 30 juin au 3 juillet, le brevet étant passé, les conseils de classe aussi, il ne faut pas espérer avoir des classes complètes.

Bref, niveau travail, ces semaines sont chargées.

Heureusement, j'ai aussi retrouvé un peu de normalité avec ces classes: ils lèvent la main pour demander s'il peuvent emprunter du blanc ou un stylo à leur voisin, et sont dans l'ensemble travailleurs: les cinquièmes sont gentils et dynamiques, les troisièmes endormis mais pour la plupart travailleurs, et ceux qui ne veulent pas travailler ne m'embêtent pas (mention spéciale à Sébastien, qui a passé une bonne partie de l'heure vendredi à rouler son pull en forme de fusil et tirer dans le mur ou dans la fenêtre avec).

Mais alors tout va bien ?
Non bien sûr, car si les 5e et les 3e sont des classes finalement agréables, les classes de 4e résistent encore et toujours au travail, avec quelques beaux spécimens pour qui le mot neurone ne sera jamais au pluriel. Étrangement, après 4h d'affilé de 4e le mardi après-midi, je dors plutôt bien ...


lundi 9 juin 2008

Partir un jour ...


Me voilà donc de nouveau 'en poste', ou du moins en remplacement, et ce jusqu'à la fin de l'année. Je ne hante donc plus les couloirs de mon établissement de rattachement, et c'est maintenant que je suis parti, où alors que j'étais sur le point de le faire, que j'hérite de qualités insoupçonnées.

C'est en effet une fois que j'ai eu fini mes remplacements, que je suis devenu le meilleur prof de maths pour les élèves: "Monsieur, il faut revenir!", "Monsieur, quand est-ce que vous revenez, c'est moins bien maintenant...", et même jusqu'à "Mais qu'est-ce que je vais faire sans vous !" (évidemment sur le ton de la blague) - m'a dit Manon (3A) lorsqu'elle a appris que je m'en allais et que je n'allais donc plus les prendre 2h le mardi après-midi pour les faire réviser leur brevet - ou au moins essayer de leur faire réviser.

Mais ce n'est pas tout, puisqu'après avoir joué plusieurs fois contre les élèves au handball (entrainement profs/élèves en vue de la rencontre proprement dite le 1er juillet, à laquelle je ne pourrai pas participer), le verdict est tombé: "Monsieur, vous avez pas de technique, mais vous êtes endurant!". D'un autre côté je ne sais pas si je dois le prendre pour un compliment finalement ...

Et enfin est venu la sortie Karting avec les élèves de l'Association Sportive du collège, depuis laquelle j'ai gagné le titre de "Fou au Kart".
Rendons ainsi hommage à Geoffrey (4B), qui passa plus de temps, lors de la première session, à labourer les abords de la piste, qu'à rouler dessus. Il n'a pas dû faire un tour sans aller tâter du pneu ou du gravier. Pour la deuxième session, après lui avoir expliqué à quoi servait la pédale sur la gauche du kart - le frein, pour ceux qui ne suivent pas - il a finalement réussi à faire des temps corrects. Pour l'explication, profs compris, nous étions une trentaine à faire du kart, répartis en 3 groupes. La première session de chaque groupe a permis ensuite de classer tout ce beau monde en 3 groupes de niveau, les derniers à passer étant les meilleurs pilotes de tous, le 'groupe des fous' comme dirent certaines mauvaises langues. Et en effet l'enjeu était de taille: faisant parti de ce groupe, j'étais le prof à battre. Espoir malheureusement déçu pour huit d'entre eux, ayant fini deuxième, à 0,4s du premier. Même Geoffrey a pour le coup fait des tours corrects, mettant en pratique l'explication reçue sur la pédale de gauche du kart et l'utilité qu'elle peut avoir dans certaines situations (je parle du frein, pour ceux qui ne suivent pas).


Et demain, je retourne voir mes 'nouveaux' élèves, à 100km d'ici ...