Vous vous souvenez très certainement des maquettes de château-fort réalisées par les élèves de 5e; et bien aujourd'hui avait lieu la visite de deux châteaux en 'couronnement' du travail consenti en maths, mais surtout en histoire et en français. Nous voilà ainsi partis ce matin avec les 46 élèves de 5e du collège. Et lors d'un voyage scolaire, les élèves s'efforcent toujours de respecter certaines règles.
1er objectif à atteindre: les places arrières du bus. Objectif malheureusement très vite déçu par les profs qui se les réserve, faisant déménager quelques élèves au passage. Et si en plus les élèves se font séparer de leurs compères préférés, c'est incontestablement un voyage qui commence fort mal - et le grumeau contrarié se doit de le faire savoir à tout le monde, mais nous y reviendrons.
Une fois tout le monde installé dans le bus, il y a alors une probabilité d'environ 1 sur 1 qu'un élève assis au fond du bus ait le besoin de parler à un élève de l'avant, qui aura lui-même une probabilité de 1 sur 1 de ne pas l'entendre avant au moins le 3e ou 4e essai
"Eh, machin ! Machin ! Eh, Truc, tu peux appeler Machin ? Truc !? Eh !! Machin ? Truc ?". Bref...

Vient alors le premier arrêt, et la sortie du bus des élèves, qui correspond pour les filles à la sortie de la brosse à cheveux. Car c'est important de se recoiffer, et encore plus, de se recoiffer en plein vent: les cheveux dans tous les sens, ça vous casse quand même rapidement le charme discret d'un appareil dentaire et d'un maquillage approximatif à la truelle et pots de peintures.
Mais une sortie pédagogique c'est aussi des questions plus intéressantes les unes que les autres:
"Madame, c'est une église gothique ou catholique ?"
et une curiosité poussée à son paroxysme:
"- vous avez des questions ? - Non."
"- Vous savez qui était Pythagore, ce qu'il a fait ? - Non, et on veut pas le savoir !"

Mais le grumeau contestataire allie souvent le geste à la parole et parfois se contente simplement du geste. Ainsi, Jessy, visiblement enchanté d'être là, décida, en signe ferme de protestation, de regarder à l'opposé de ce qui était indiqué par la guide. Un vrai rebelle. Dommage pour lui, la guide demandait de regarder un mur et tout ce que ce pauvre Jessy avait derrière lui, c'était justement un mur.

Vint alors la pause déjeuner, et c'est à ce moment que se (re)forment les petits clans. Car bien évidemment, si lors des visites, l'un des buts des élèves est de se retrouver ensemble, l'autre but des profs et de les en empêcher.
On retrouve donc ici un groupe de garçons qui va passer le temps du repas à se battre, là, un groupe de filles, là encore un groupe de filles suivi de près par deux garçons. Bon, c'est clair, ces deux-là, ils draguent - ou du moins ils essayent. Alors que d'autres garçons s'en fichent éperdument et le font savoir à tous à grands renforts de rots bien sonores, aidés en cela par du coca en abondance. Profitons de ce moment pour saluer Samuel qui, au moment de récupérer une bouteille de coca à peine ouverte et déjà presque vide, ayant bien éclaboussé partout, s'est sans doute dit que le meilleur moyen de faire partir le coca restant sur le goulot et le bouchon était bien évidemment de secouer la-dite bouteille.
Ah tiens, non, mauvaise idée...

Vinrent ensuite les brefs exposés des élèves sur les métiers à l'époque des châteaux forts, et pour certains, 'bref' n'est qu'un doux euphémisme. 3 élèves, une phrase chacun, et puis voilà.
Il faut savoir en effet qu'une recherche pour les élèves se résume à aller sur Internet, chercher sur wikipedia, et imprimer la page correspondante. Certains pousseront jusqu'à chercher sur google puis prendre le lien pointant vers wikipedia.

Le reste de la visite se déroula plutôt bien, certaines filles confondant cependant 'bain de boue' et 'plein de boue'.

Ah, les joies du voyage scolaire ...