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samedi 26 mai 2007

Nos amis les bêtes


Depuis le temps - et ce n'est pas fini - où je parle des 4A, il serait le moment de faire un petit tour des attard, des élèves à évolution intellectuelle déficiente et ralentie qui composent cette classe.
Heureusement - ou malheureusement pour eux - certains ne sont pas comme ça et sont dans la classe comme on pourrait l'être suspendu au dessus du vide avec 10 sacs de patates accrochés au pied: on voudrait bien réussir à remonter sur la terre ferme mais les sacs nous en empechent et nous tirent irrémédiablement vers le bas.

Commençons donc ce petit bestiaire - non exhaustif - de 4A:
  • D.: déjà longuement présenté , toujours persuadé que tout le monde (les profs) est contre lui, que sortir une feuille et un stylo suffisent à faire croire qu'il travaille et qu'il n'aura pas de remarques, mais surtout double champion invaincu du temps de présence le plus bref en cours de maths. En effet, pour la deuxième fois de l'année, il n'est resté que 5 minutes dans la salle, ses remarques insolentes, sa façon admirable de répondre et son vocabulaire voltairien sont pour beaucoup dans la performance. Autres signes particuliers: passe son temps à pousser des petits bruits, faire des ricanements niais et se lever sans qu'on lui ait rien demander "pour s'étirer parce qu'il a mal aux jambes"

  • V.: Compère de D. On a beau lui répéter qu'il ne s'assiera pas à côté de lui, essaye systématiquement à chaque début de cours de se mettre à côté quand même. Ne fournit lui non plus aucun travail, ou alors un peu, après qu'on lui ait pris son carnet, espérant que cela efface les 40 minutes précédentes. Signe particulier: répond à D. lui aussi par des ricanements niais et des sourires qui le sont tout autant.

  • N.: arrivé à la rentrée de janvier, n'avait que deux personnes à éviter dans la classe - pour ceux qui ne suivent pas, je parle de D. et V. - et s'est finalement tout de suite lié avec eux. Là encore, aucun travail; enfin ces derniers temps il se décide malgré tout à sortir une feuille et noter quelques mots. Jusque là c'était plutôt "non mais je réfléchis, je fais dans ma tête". Signes distinctifs: doit peser 30kg tout mouillé mais s'habuille et se donne un genre 'jeune de banlieue' (il vient effectivement de région parisienne). Enfin, même s'il a compris que la ceinture se mettait autour du pantalon, il n'a pas encore trouvé comment la serrer et est obligé régulièrement de remonter celui-ci.

  • B.: Fainéant de première, réussit toujours à faire du bruit en début de cours (taper dans l'armoire, faire tomber une chaise, déplacer une table...) , arbhore en permanence un air arrogant, est très long à la détente, et essaye toujours de faire croire qu'il suit et écoute alors qu'il passe son temps à s'amuser et/ou discuter.

  • M.: Déléguée de la classe, pose beaucoup (trop?) de questions qui sont systématiquement et toujours à côté de la plaque: "-bon sortez une nouvelle feuille on va écrire la leçon; -monsieur, vous avez corrigé les contrôles?" ou encore "-bon allez on corrige; -monsieur, c'est vrai que madame machin elle est absente après-demain ?" A côté de ça, même si elle travaille un peu, elle préfère de loin raconter et entendre les derniers potins...

  • A.: Une fille qui, de volontaire qu'elle était au début d'année, a lentement mais surement dévié dans le groupe de ceux qui ne font délibérement rien. Jamais bien loin de D.


Voilà quelques beaux cas de cette classe, 6 sur les 20 élèves qu'elle contient, mais n'allez pas pour autant croire que les 14 autres travaillent, il doit y en avoir tout au plus 6 ou 7.
Leurs derniers exploits en date, et qui ont motivé la note d'hier, est que même après que la chef soit intervenue dans la classe pour remettre les points sur les i, un certain V., pas que lui, mais surtout lui, n'a rien trouvé de mieux à faire pendant le contrôle de français qui suivait de faire encore une fois n'importe quoi, et de soutenir ensuite devant la chef que c'est la prof de français qui disait n'importe quoi, que lui n'avait rien fait de mal...

Bref non seulement la fin de l'année promet d'être 'sportive' mais en plus tous ces élèves, que pour leur grande majorité, on va retrouver l'an prochain en 3e, nous préparent une année de 3e, un brevet et surtout une orientation qui seront à n'en pas douter mémorables.
Tout cela pouvant être en plus amélioré par le fait qu'au lieu des 3 classes de 3e qui feraient suite aux 3 classes actuelles de 4e, on pourrait bien se retrouver avec seulement 2 classes de 3e de ~28 élèves chacune, si 'trop' d'élèves de 4e de cette année quittent le collège pour faire une 3e - ou autre chose - ailleurs... Que du bon ....

vendredi 25 mai 2007

C'est la guerre !


Voila, c'est officiel, nous sommes en guerre contre les 4A (quand je dis 'nous' c'est quasiment l'ensemble des profs de la classe) et il ne va pas en falloir beaucoup pour que les autres classes de 4e et 3e rentrent dans le conflit...

A part ça, certains se croient déjà en vacances et arborent gaiement de jolis short à grosses fleurs, grosses lunettes de soleil flashy et autres claquettes et tongs. Cela ferait surement fureur au camping municipal de glandouille-sur-mer mais dans une salle de classe, ca passe forcément tout de suite moins bien.
Surtout qu'en général le look suit le comportement - ou alors l'inverse - mais dans tous les cas ça n'annonce pas que du bon.

A J-40 des vacances, nous sortirons victorieux de ce moi de juin qui s'annonce particulièrement difficile ou bien des postes vont se libérer précipitemment pour la rentrée prochaine.
Avis aux amateurs...

jeudi 24 mai 2007

Chantage !


Oui, du chantage, voilà où j'en suis 'obligé' d'en arriver avec ma chère classe de 4eAbrutis, ttardés, ndouilles, bref avec les 4A.
Petite remise en situation.

Ce matin donc avait lieu le cours du jeudi habituel de maths, où j'eus dès le début la joie non dissimulée de constater une nouvelle fois que D. ne s'était toujours pas cassé une jambe (mais si, D., souvenez-vous)
Il y a en effet deux élèves qui font en ce moment cet effet là ) quasi tous les profs: D. en 4A, et T. en 4B. Il n'y a bien que vendredi dernier, lorsque 5 élèves de la classe - dont D. - se sont autorisés à faire le pont, que j'ais pu travailler normalement avec une classe à peu près normale de 4e - oui, 'à peu près normale', faudrait pas exagérer non plus).
Il avait aussi trouvé le moyen par la même occasion de dire à son père que le collège était fermé alors que celui-ci avait rendez-vous avec la chef...

Bref, D. était là, ce qui laissait présager d'une heure absolument fantastique.

Après les traditionnels ricaments stupides et sans raison, les discussions diverses et variées avec n'importe qui, le refus de noter quoi que ce soit - leçon, exercice, correction ... - il a trouvé le fabuleux jeu du je-démonte-la-chaise-et-j'envoie-les-morceaux-dans-la-classe.
Bon c'est vrai je vais peut-être un peu vite en conclusion, son neurone encore en état lui permettant tout de même de faire ça lorsque j'ai le dos tourné, je n'ais pu qu'entendre le morceau de plastique arriver sur une des tables sans voir d'où il était parti. Mais bon, à voir son air stupide et niais après l'aterrissage du-dit morceau de plastique, il y aurait une flèche clignotante au-dessus de sa tête que cela aurait été pareil.
Une fois, deux fois - où j'ai pu voir plus ou moins qui l'avait lancé, et en insistant un peu, le coupable s'était dénoncé de lui-même - une troisième fois, et là j'ai tenté le tout pour le tout:
"Ou j'ai demain la liste des noms de ceux qui s'amusent à démonter les chaises, ou bien vous ferez contrôle sur contrôle systématiquement à chaque heure" ce qui a quand même jeté un petit froid dans la classe.
A la fin de l'heure j'ai donc deux personnes qui viennent me voir, V. et G., pour me dire que c'était D. le responsable, c'est lui qui a lancé tous les morceaux. Soit.
Après manger, deux autres élèves viennent me trouver et me disent alors que finalement D. n'avait rien fait, et que c'était V. et G. qui avaient lancé les morceaux - oui, oui, ceux-là mêmes qui étaient venus me voir à la fin de l'heure.

Donc pour l'instant, mes soupçons sont plus ou moins confirmé, et il semblerait que se forment dans la classe deux groupes qui apparemment n'ont pas dû assister au même cours de maths au même moment...
Visiblement, ca a tout de même touché les élèves comme je l'espérais, puisqu'au cours suivant - EPS - ils étaient apparemment plutôt contrariés et pour certains plus ou moins en colère de ce qui s'était passé - et certainement encore plus après que les collègues de sport leur aient confirmé ce que j'avais dit que je pensais d'eux...

Du coup, comme je ne suis pas encore totalement pourri, et puisque je n'ai pas d'information sûre mais juste des bouts qui ne se recollent pas, ils n'auront pas une heure de contrôle mais seulement une demi-heure.


A part ça, les élèves de 5e et 3e ont tous passé les épreuves de l'ASSR, 100% de réussite.
D'un autre côté les questions du style
"le feu est rouge: A)Je m'arrête B)J'accèlére C)Je klaxonne" sauf grave déficience mentale, c'est pas bien dur d'en avoir au moins 10 sur 20 de bonnes...
Ils sont alors si contents d'avoir leur ASSR qu'ils en oublient leur casque lorsqu'ils passent devant le collège en 'moto' et que nous sommes en réunion au même moment...


Allez, plus qu'une journée (faite à moitié de contrôles) et c'est le grand week-end.

vendredi 11 mai 2007

O temps, suspend ton vol !


La notion du temps est encore, semble-t-il, une notion bien floue pour la plupart des élèves. Explication.

Mettez un élève devant un contrôle fait de 5-6 exercices, sur 50 minutes, il est capable d'en passer plus de 30 sur un petit exercice qui lui rapportera au mieux 4 points sur 20.
Donnez-lui maintenant un devoir à faire chez lui pendant les deux semaines de vacances, à rendre le lendemain de la reprise, il ne va s'y mettre que le jour de la rentrée.
Prévenez-le d'un contrôle une semaine à l'avance, il ne révisera - et encore - que la veille.

Par contre, ils sont capables, le 11 mai, d'aller prétexter, rapport à leur attitude, un "c'est parce que c'est bientôt les vacances" (J-54 quand même)
Alors qu'il reste 5 minutes de cours, qu'ils sont un exercice à commencer qu'ils auront à terminer chez eux pour le cours suivant, attendre en fixant bêtement le mur, parce que de toute façon "ya le temps c'est pour mercredi..."
Ou bien encore commencer la lecture du livre de français juste après le-dit cours. Seul petit problème, après le cours de français venait le cours de maths...
"-Monsieur, il reste plus que 5 minutes, donnez-nous les devoirs pour la prochaine fois! - Merci mais je gère encore mon temps comme je veux quand même... - oui, mais le temps que vous nous les donniez ca va sonner!"
Enfin, un magnifique, 2 minutes avant la sonnerie, "Monsieur ca a sonné, on l'a entendu!" Là j'avoue, j'ai été faible, je n'ai pas pu résister, il fallait que ça sorte - et c'est sorti - "Oui, Jeanne d'Arc aussi, et on l'a brûlé pour ça, elle entendait des voix ..."

Tout ça en une journée, ca commence à faire beaucoup, heureusement que c'est le week-end et que approximativement 90 contrôles à corriger m'attendent...


Dans un tout autre registre, j'ai aussi eu confirmation que nous avions été des incapables comme accompagnateurs du voyage en Italie (on ne sait pas gérer un groupe, c'est pas comme ça qu'il faut faire...), et qu'il avait même fallu que l'Accompagnatrice nous gère, nous! (cf premier jour en Italie, et la séparation du groupe en deux)
Bien évidemment, c'est le point de vue de la-dite Accompagnatrice, qu'elle s'est empressé d'aller rapporter à la Chef, qui s'attendait de toute façon à une telle attitude de sa part.
Renseignements pris auprès des collègues après leur avoir raconté, les précédents voyages s'étaient également déroulé plus ou moins de la même façon. Bref ...