Troisième jour, vendredi matin, le petit déjeuner se passe sans incident particulier - on n'entend même pas les accompagnatrices, qui sont arrivées une fois de plus les dernières, mais on va dire que c'est parce qu'elles vérifiaient qu'il n'y ait plus personne dans les étages.
Ensuite, départ pour Pompéi, où nous aurons une visite guidée par un guide - forcément - qui rendra les choses intéressantes.

Mais comme toute visite, même si nous n'avons rien gagné de particulier, je pense que nous avons dû tout de même battre un quelconque record.
Nous avons même eu la visite à l'arrière du groupe des accompagnatrices qui venaient nous dire qu'il fallait faire avancer les gamins plus vite, que "même le guide trouve qu'ils sont lents"

Et oui, aussi étrange que cela puisse paraître, des enfants qui visitent Pompéi ne trouvent rien de mieux à faire que de prendre des photos, non mais où va-t-on je vous le demande... L'Accompagnatrice s'est même essayée à faire avancer plus vite tout ce petit monde - ce sera d'ailleurs la seule fois où elle honorera l'arrière du groupe de sa présence, trop occupée le reste du temps à cavaler en avant, toujours à moins de 2m du guide. Elle y est donc allée à coups de "Allez, plus vite, pas de photos, on n'a pas le temps, faut avancer" ce qui n'a d'ailleurs pas eu beaucoup d'effet sur la rapidité du groupe.
Comble de malchance, Pompéi était en effet en plus envahie de touristes et autres groupes en visite, ce qui fait qu'à moins de marcher sur les gens et de les bousculer, il fallait bien ralentir par moment pour éviter le carambolage.
Vers la fin de la visite, nous avons frôlé la crise lorsqu'au moment de revenir sur nos pas - le guide n'était plus là, c'était les accompagnatrices qui menaient la troupe - un(e) élève a dit "encore?" - visiblement c'est quelque chose de grave...

Nous sommes ensuite allé manger et c'est là qu'a eu lieu le seul incident notable du voyage entre élèves, puisque l'un deux, que nous appeleront B. a flanqué un coup de pied dans les côtes d'un autres, pour une obscure histoire de gateau. Après avoir attrapé le donneur de coup et l'avoir isolé, à côté de moi, du reste du groupe en attendant qu'il se calme pour essayer d'y voir plus clair, les accompagnatrices sont arrivées quelques minutes plus tard - au moment où on allait repartir dans le bus, elles n'avaient pas bougé le petit doigt jusque là - pour sermoner le vilain garçon.

Direction donc le musée de Naples, ou la visite serait libre et en deux groupes: avec deux accompagnateurs d'un côté et deux accompagnatrices de l'autre.
Renseignement pris de notre côté, les photos nétaient autorisées mais sans flash. Nous avons donc prévenu les élèves quatre ou cinq fois de débrayer leur flash et que si nous en voyions un, leur appareil serait confisqué jusqu'à la sortie du musée.
La visite commence - signalons au passage la fantastique organisation du musée de Naples qui n'indique nulle part un quelconque sens de visite ni d'indications sur les salles - premier flash: appareil confisqué; deuxième flash: autre appareil confisqué; troisième flash: troisième appareil confisqué - à chaque fois une personne du musée venait nous faisait fort justement remarquer "no flash!".
Nous avons continué la visite et sommes retombé sur l'autre groupe, dont cela ne semblait déranger personne qu'ils prennent des photos avec flash alors que c'était interdit.
Signalons au passage que c'est cette même Accompagnatrice qui avait essayé de nous faire entrer dans la Basilique St-Pierre par une sortie. Ah c'est sûr il y avait beaucoup moins de queue dans ce sens là...
J'avais surement dû rater ce chapitre dans le petit manuel du parfait accompagnateur: "règle n°3bis: interdire aux élèves de parler de leur voyage, mais entrer par les sorties et utiliser le flash là où c'est interdit"

Retour ensuite au bus, direction l'hôtel, et c'est là que ce cher B. n'a eu de cesse de se faire remarquer par ses réflexions et son agitation. Manque de chance, j'étais assis juste derrière lui et assez peu disposé à le supporter davantage après ses exploits du midi. Je l'envoie donc s'asseoir dans le fond du bus, là où veillaient les accompagnatrices, pensant que cela le calmerait - nous avions hérité de notre côté d'un élève qui avait migré dans le sens inverse. Loin de là, ce cher B., découvrant que les profs aussi ont des prénoms, s'est alors mis à balancer ses vannes de plus belles, et ses réflexions à mon encontre: "retournez-vous Mr C.! (où C est mon prénom)", "je vous ai pas appelé mr C. !" "qu'est-ce qu'il y a Mr C. ?" ce qui avait pour effet de faire bien rigoler entre autres les deux accompagnatrices autour de lui. ("règle n°2: rigoler des blagues insolentes des élèves à l'encontre des guignols accompagnateurs").

Evidemment, de retour à l'hôtel, une petite explication en privé s'est imposée, et je ne l'ai ensuite plus entendu - il a d'aileurs passé le repas avec nous et a commencé par s'excuser.

Le repas passé - sans un seul "vous faites trop de bruit!" (!) - tout le monde a regagné sa chambre et c'est là que nous avons vu les accompagnatrices descendre pour la première fois discuter avec nous du programme du lendemain. Ce qui est quand même un peu dommage c'est que c'était aussi la dernière puisque le lendemain soir on repartait pour le collège...

Plus qu'une journée à tenir...