Ce matin avait lieu une formation d'une demi-journée sur le thème de l'Attestation Scolaire de Sécurité Routière (ASSR pour les intimes - vous pouvez maintenant apprécier à sa juste valeur le fabuleux jeu de mot du titre). Étaient donc cordialement invités deux personnes par établissement concerné, en général des profs d'histoire-géo, des principaux, principaux adjoints, coordinateurs TICE (Technologies de l'Information et de la Communication pour l'Enseignement).

Avant d'aller plus loin, petit rappel sur l'ASSR, pour ceux qui ne connaitraient pas. Elle se décompose en deux niveaux, ingénieusement intitulés ASSR1 et ASSR2, le premier niveau doit être passé en 5e - et fait parti du programme d'histoire-géo - et le second se passe en 3e.
L'ASSR1 est nécessaire pour le BSR (Brevet de Sécurité Routière qui se passe en auto-école et permet de faire n'importe quoi avec conduire un scooter. L'ASSR2 est obligatoire pour le permis de conduire. A cela se rajoute l'ASR (Attestation de Sécurité Routière) équivalente aux deux ASSR, pour les personnes qui n'ont pas passé celles-ci pendant leur scolarité et l'AER (Attestation d'Éducation Routière) pour les personnes déficientes visuelles qui ne peuvent donc pas passer les ASSR.

Nous voila donc, entourés de collègues, à cette formation ASSR - on ne nous en a pas dit plus sur le contenu, et plus que rien du tout, ca fait toujours pas grand chose. Finalement, la demi-journée s'est résumée à une présentation rapide du logiciel qui servirait à faire passer ASSR1,2,ASR,AER dans les collèges et lycées.
Là, les plus attentifs d'entre vous doivent se dire: "il nous dit que ca se passe en 5e et 3e et il se met à nous parler des lycées maintenant ?"
Oui, effectivement, puisque si les élèves ne réussissent pas à avoir leur ASSR, ils peuvent la repasser n'importe quand dans l'année, ou l'année suivante - et donc en seconde pour ceux qui n'ont pas eu l'ASSR2 en 3e.

Présentation du logiciel, disais-je avant d'être interrompu, et tout le reste du temps, explication de l'installation des différents logiciel nécessaires.

En effet cette année, ces attestations se dérouleront sur ordinateur, fini les casettes vidéos/DVD où les questions défilaient et il fallait cocher les bonnes réponses. Maintenant, chaque élève la passera sur un ordinateur, avec 20 questions tirées au sort sur 400 pour chacun, remontée des 'copies électroniques' - le terme est laché - à l'administration et finalement au ministère.
Tout cela suppose donc l'installation d'une application 'serveur' sur un serveur du collège, l'installation d'une application 'client' sur chaque ordinateur destiné aux élèves, et finalement une application 'administrative' pour l'administration justement. A tout cela se rajoute les clés de chiffrement transmise sous enveloppe sécurisée (du même type que celles qui contiennent les codes de carte bleue), mise en place d'un site et d'une adresse mail pour l'assistance ...

Finalement, entre les soufflements et grognements de mon voisin et néanmoins collègue - qui attendait avec impatience la fin de la formation et s'occupaient pendant ce temps en critiquant et soufflant à quasiment toutes les phrases - et les "c'était mieux avant" de certains collègues, l'exclamation qui revenait souvent était "Tout ça pour ça ?"

Cela pourrait effectivement paraître de bien grandes installations - et problèmes qui vont avec - pour finalement pas grand chose. Mais à travers cette ASSR électronique, c'est bien plus qui s'annonce. Le terme 'copie électronique' n'est pas ici anodin puisque ce qui se profile derrière tout ça n'est ni plus ni moins que les examens par voie électronique. Cette première utilisation de 'copies électroniques' cryptées et sécurisées ne sera certainement pas la dernière puisqu'à terme, c'est certainement le brevet, le bac, ... qui finiront ainsi.
Nous n'y sommes certes pas encore, mais le premier pas est fait.Il n'y a plus qu'à attendre les suivants.

Ah oui, dernier détail, tout cela doit être fait par le coordinateur TICE de l'établissement, seul petit problème, nous n'en avons pas. Question à 0,34€: qui, à votre avis, va se retrouver à mettre tout cela en place ? ...