"Ya pas mort d'homme !"
Si vous dites 'internet' à un élève moyen de collège - un mauvais fait aussi l'affaire - que va-t-il vous répondre ?
'MSN' et 'blog'.
Enfin blog.... disons plutôt skyblog, les skyblogs étant aux blogs ce que peuvent être des tongs à un coureur de 100m: inutile, ridicule et ça irait bien mieux si ça n'existait pas.
Bref, c'est la mode, chaque élève se doit d'avoir son skyblog où il peut raconter sa life de ouf ou de chtitefolle, lachez des coms' ... (l'orthographe et le style sont malheureusement d'origines). Mais si la mode chez les élèves est d'avoir son skyblog, le petit jeu en ce moment chez les profs c'est de retrouver les-dits skyblogs des-dits élèves.
Alors oui, j'avoue, j'en suis entièrement responsable, puisque c'est moi qui ait pu voir une première adresse de skyblog d'une élève un jour en cyberbase, puis, par le jeu des liens, des amis sur le skyblog, retrouver les adresses d'autres skyblogs d'autres élèves, qui eux mêmes par les liens ... bref vous avez compris (si non, relisez calmement, ça devrait venir).
Mais revenons quelques jours en arrière, vendredi dernier précisemment. Une élève, que l'on appelera G., de la tribu des 4B, vient me montrer à la fin de la matinée, un mot de sa mère, dans son carnet de liaison, expliquant que sa fille quittera le collège à midi puisqu'elle a rendez-vous chez un spécialiste l'après-midi. Soit, très bien.
Le repas de midi se passe normalement, entre envies partagées de massacrer certains élèves et/ou certaines classes entières, et le sujet des skyblogs est rapidement abordé.
Retour en salle des profs, je décide d'illustrer les propos tenus plus tôt en montrant, sur l'ordinateur en salle des profs, le skyblog d'une élève, qui se trouve être celui de G. Pourquoi celui-là? Tout simplement parce que c'est le premier que j'ai eu et que c'est l'élève elle-même qui était toute contente de me le montrer la première fois.
J'ouvre donc le skylog, et la première chose qui y apparait est une photo d'un rappeur au nom d'ourson, et la phrase:
"et ba vouila grace a mon couzi damour ke jm je vai le voir en concert le 2 fevrier jvs donnerai des news de tt sla!!!",
ce qui, en plus d'avoir donné des sueurs froides et un zest de déprime à la prof de français, se traduit en langage courant par:
"et bien voila, grâce à mon cousin que j'aime beaucoup, je vais le voir en concert le 2 février, je vous donnerai des nouvelles de tout cela."
La phrase était tellement riche, belle et bien construite qu'elle valait le coup que quelqu'un la lise à haute voix, et c'est alors qu'un des profs a lancé un "ah bah c'est ce soir"...
On récapitule: on a donc une élève qui a un rendez-vous chez un spécialiste l'après-midi, et un concert à Paris le soir même. Drôle de coïncidence...
La vie scolaire est aussitôt mise dans le coup et la riposte s'organise, discrète mais implacable.
Lundi matin, au moment de faire remplir son mot d'absence, lui est donc demandé des précisions sur le soit-disant spécialiste, précisions qui resteront bien évidemment vagues ("un spécialiste des genoux").
La chef est mise au courant de l'histoire au repas du midi, et décide de convoquer G. juste après manger, 'ayant entendu dire que l'excuse ne serait pas valable' - il ne faut bien evidemment pas que l'on se fasse découvrir.
La version de l'élève change donc progressivement, passant de rendez-vous chez un spécialiste des genoux - dont elle ne connaissait pas le nom - à un rendez-vous et ensuite un concert jusqu'à ce que finalement la chef appelle la mère de l'élève.
La mère a alors reconnu qu'effectivement il n'y avait pas eu de rendez-vous mais que c'était pour que sa fille aille au concert, ce qu'elle résuma par un magnifique "Ya pas mort d'homme!".
Effectivement, qu'y a-t-il de grave à couvrir sa fille par un mensonge ? on se le demande...
La mère aura quand même au moins eu l'intelligence de reconnaître que si elle était venue demander à ce que sa fille soit libérée l'après-midi pour aller au concert le soir, ça ne serait certainement pas passé, mais en attendant, voila encore un bel exemple parental qui va certainement trouver écho dans quelques temps chez sa fille.
Mais bon après, tout, puisqu'il n'y a pas mort d'homme ...






Commentaires
1. Le mercredi 30 mai 2007 à 11:33, par jpl
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